Lucie, la sévillane

Hey les voyageurs,

Lucie, une habituée de l’expatriation, est installée à Séville en Espagne.

 Peux- tu te présenter en quelques mots…

Je m’appelle Lucie, j’ai 31 ans. Je suis née en Béarn d’une famille franco-espagnole. Mon école de commerce internationale m’a poussé à vivre dans 5 pays. Je parle donc  5 langues.

Aujourd’hui je suis coach de vie et digital nomade. J’accompagne les professionnels francophones en reconversion à redonner du sens à leur métier.

Et je suis basée à Séville depuis 20 mois d’où je travaille depuis un espace de coworking.

 Pourquoi ou qu’est ce qui t’as amené à t’installer dans cette ville ?

Après avoir quitté Naples lors d’une rupture amoureuse ( ah ces italiens et leurs romances … pas du tout cliché) je cherchais une ville pour m’installer. J’en ai profité pour faire un mini tour d’Europe et rendre visite aux copains dans leurs villes. Je suis venue voir une amie qui venait de s’installer à Séville, et j’ai tout de suite adoré cette ville. Pittoresque, exotique et en même temps moderne et paisible. Et après 5 années hors d’Espagne j’avais aussi besoin de revenir un peu aux racines. C’est exactement ce que je recherchais.

Qu’aimes-tu le plus ?

En arrivant en blablacar, le chauffeur m’a laissé dans le quartier juif, La Juderia. Avec ces ruelles médiévales et la chaleur d’octobre, c’était magnifique. Ensuite, j’ai découvert la cathédrale La Giralda, avec le bruit des sabots des chevaux et leurs calèches. Les azulejos qui décorent les bâtiments m’émerveillaient. Bref, en quelques heures la ville m’a fascinée.

Ensuite j’ai été rendre visite à mon amie dans sa startup et son appart se trouvait en plein centre avec une terrasse sur le toit. J’ai compris alors quelle qualité de vie il était possible d’avoir dans une petite ville où tout est à quelques minutes de marche.

À Séville, on trouve beaucoup de choses modernes comme les espaces de coworking, des cours de yoga, des magasins bios, des ateliers d’artistes, des associations alternatives pour bobo comme moi. Et en même temps, on a une tradition encore très présente avec la Feria de Abril (où tout le monde s’habille en gitan et danse les sévillanes) et la Semana Santa avec ses 60 processions qui bloquent complètement la ville pendant 10 jours.

A contrario, qu’est ce qui a été le plus compliqué ou que tu as le moins aimé ?

Trouver un appartement propre et meublé n’est pas simple. Séville a été promue  ville 2018 par Lonely Planet; tous les hôtels sont donc maintenant saturés. De plus, Airbnb inonde le centre et les habitants se font expulser. On est obligé de vivre a l’extérieur de la muraille car le centre est envahi par les logements touristiques.

Et puis, à Séville,  il faut apprendre a vivre avec le bruit : les livreurs de bombonnes de gaz, les chiens, les enfants qui jouent, les chanteurs de sévillane, les klaxons, les cloches des couvents,  les entrainements de Costaleros (porteurs de statues) pour les processions.

Ton endroit ou quartier préféré?

J’aime beaucoup le nord du centre-ville, un chouya moins touristique autour de la Alhameda de Hercules et de la basilique de la Macarena. Il reste encore des bars de quartier et des ateliers d’artistes. C’est mon quartier. Je commence a connaitre mon petit monde quand je me balade dans la rue.

Un spot photo à conseiller 

La Plaza de España avec les azulejos décorés et le petit étang avec ses barques en location. Elle se trouve dans le Parque Maria Louisa que j’aime beaucoup avec ses arbres centenaires.

La spécialité culinaire à goûter absolument. 

Mmmmh… En Andalousie, on a le meilleur jambon du monde : le Jabugo de pata negra. On a aussi le Salmojero cordobés. Comme je dis, ils ont vendu le gaspacho aux touristes et se sont bien gardés le salmorejo, une soupe froide de tomates encore plus onctueuse.

En vivant ici, j’ai découvert la Mojama, un genre de jambon sec de thon. Le poisson frit aussi c’est bon, mon préféré c’est le cazon en adobo.

Mais sinon chaque semaine je mange des tortillas de patata, avec des épinards aux pois chiches arrosés d’une bière Cruzcampo.

Pour résumer, à Séville, on mange des tapas et on boit de la bière légère, c’est le principe de base.

 Une activité à ne pas rater.

Le free tour des légendes de la Juderia. De nombreuses œuvres de littérature internationale ont été inspirées par cette ville et ses habitants. C’est incroyable!

Je sais question difficile mais si tu devais nous partager un souvenir marquant dans cette ville ce serait lequel?

La première fois que j’ai vu un pèlerin habillé comme le Ku Klu Klux Klan dans la rue alors que j’allais au bureau. Ca fait tout drôle. Je crois qu’on finit par s’habituer.

 Quel(s) conseil (s) donnerais- tu à un futur expat qui souhaiterait s’y installer 

Le mardi soir, allez à La Aurora. C’est une taverne à côté de la Plaza de la Alfalfa où les français se retrouvent chaque semaine pour boire un verre. C’est un super point de départ pour découvrir la ville. Et qui sait … on s’y croisera peut être ?

Merci Lucie; j’ai la chance d’avoir visité Séville il y a quelques années, j’avais beaucoup aimé; ton témoignage m’a redonnée envie d’y aller et pour ceux qui ne connaissent pas encore… d’y aller.